La douce France !
C'est à toi que je dois tant de choses. C'est chez toi que, jadis, je me sentais chez moi. Et toujours, ta capitale rend mon cœur mélancolique lorsque je suis loin d'elle.
Mes premières histoires de femme près de Bordeaux. Mes péchés d'adolescence. Ma première cigarette (il me semble que cela compte comme bilan négatif), ivre pour la première fois. La première séparation de ma famille, le premier Écarté. Aller en Métro pour la première fois et glisser entre deux escaliers roulants à la Porte de Clignancourt.
Et comment pourrait-on jamais oublier les odeurs de Métro, d'ordures, de gaz d'échappement, de café bien torréfié et de parfums chers, lui qui apprenait à aimer Paris?
Tous les automnes, j'allais faire les vendanges à un château où l'on pratiquait la culture biologique – et je ne buvais toujours pas une goutte d'alcool. Je me souviens bien de ce sentiment d'être chez moi chaque fois que je retournais à Lyon.
Une fois, je même émigrai en France. Je mis tout mon avoir dans une valise, j'envoyai ma bicyclette en train et je plongeai dans l'inconnu. Au commencement la solitude hivernale de vignoble m'allait bien. Après qu'ils nous coupèrent l'électricité, on dînait à la lumière de bougie. Mais après que nous perdûmes le téléphone – mon seul lien à la civilisation – même le soleil de printemps ne pouvait me persuader de rester. Une autre illusion – perdue.